3,8 millions de Français vivent dans un désert médical (DREES)

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3,8 millions de Français vivent dans un désert médical (DREES)
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Une étude de la DREES révèle l’augmentation des déserts médicaux en France, accentuant les inégalités entre les communes les moins bien dotées, et celles qui le sont le plus. En 2015, les Français avaient accès à 4,06 consultations en moyenne, par an et par habitant. En 2018, les consultations chez un médecin ont diminué pour arriver en moyenne à 3,93. Cette baisse de 3,3 % s’explique par plusieurs facteurs.

Baisse d’accessibilité

L’étude explique que cette dégradation « s’explique par l’effet cumulatif du baisse du nombre total de consultations proposées par les médecins (...) et de besoins de soins croissants ».

La baisse du nombre de médecins en activité s’explique doublement par de nombreux départs à la retraite, couplé des effets du numerus clausus de ces dernières décennies, qui n’a pas permis de compenser la perte de praticiens.

Cette baisse du nombre de médecins est à mettre en parallèle avec l’augmentation des besoins de soins des Français, du fait de l’augmentation démographique de la population entre 2015 et 2018 (+1,2 %).

Augmentation de la population vivant en zone sous-dense

La population vivant en zone sous-dense reste faible en France, mais a augmenté ces dernières années. Entre 2015 et 2018, la part des français vivant en zone sous-dotée en médecins généralistes est passée de 2,5 millions de personnes à 3,8 millions.

Les régions les plus touchées sont la Guyane, la Martinique, et la Guadeloupe. En France métropolitaine, ce sont les l’Ile-de-France et le Centre Val-de-Loire qui subissent le plus les effets de la sous-densité médicale. À l’inverse, la Réunion est la région la mieux dotée en médecins, et voit son accessibilité augmenter durant cette même période.

Les déserts médicaux s’étendent dans les zones déjà sous-denses

Un territoire est dit sous-doté si son indicateur d’accessibilité potentielle localisée (APL) est inférieur ou égal à 2,5 consultations par an et par habitant. Il est dit moyennement doté si son APL est compris entre 2,5 et 4 consultations par an. Les territoires bien doté sont ceux où les habitants bénéficient en moyenne de 4 consultations par an.

La DREES identifie six types de territoire selon leur accessibilité à la médecine générale :

  • Zone demeurant moyennement dotée : la moitié des 2 823 territoires de vie-santé français font partie des zones moyennement dotées
  • Zones demeurant bien dotées : La DREES en dénombre 909 en France, généralement située le long de la façade atlantique, du pourtour méditerranéen, frontière italienne et le nord-est de la France
  • Zones devenues mieux dotées : 76 zones ont vu leur accessibilité s’améliorer entre 2015 et 2018 ; majoritairement situées à proximité de territoires bien dotés, l’augmentation s’explique par l’installation de nouveaux médecins
  • Zones demeurant sous-dotées : la DREES en dénombre 150, en majorité dans le centre de la France et dans certains département d’outre-mer (DOM)
  • Zones basculant de bien dotées à moyennement dotées : 189 zones ont vu leur accessibilité se dégrader. Elles sont principalement contiguës à celles qui sont bien dotées.
  • Zones devenues sous-dotées : ces territoires sont notamment situés en Normandie, dans le centre de la France, ainsi que les espaces frontaliers ou proches de territoires déjà sous-dense

La faible attractivité et moindres équipements engendrent les déserts médicaux

Les zones où les médecins sont les moins présents sont également celles les moins bien équipées « que ce soit en matière de commerces, d’établissements scolaires ou d’équipements sportifs et culturels ». S’en découle une plus faible attractivité de ces territoires.

À l’inverse, les territoires les mieux dotés sont mieux équipés, et donc plus attractifs. À noter que ces zones ont également une température annuelle plus élevée que la moyenne.

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