Héritage : 52 % des Français envisagent de sauter une génération
Alors que la transmission de patrimoine des baby boomers va progressivement redessiner les flux successoraux, une étude vient scruter la transmission du patrimoine des Français sous le prisme démographique. Avec plusieurs surprises à la clé.
L’héritage au défi de la démographie
Le constat de départ est mathématique. Avec l’allongement de l’espérance de vie, l’âge moyen auquel on hérite ne cesse de reculer. On devient souvent héritier à l’aube de la retraite, à un moment où les besoins financiers sont moins pressants. À l’inverse, les jeunes générations, confrontées à l’envolée des prix de l’immobilier et à la précarité du marché de l’emploi, ont un besoin immédiat de capital pour construire leur vie.
Or, selon une étude de BPCE L’Observatoire réalisée auprès de 2 000 Français, les retraités détiendraient une partie des clés de la sérénité financière de leurs successeurs. Car les chiffres parlent d’eux-mêmes : les pensionnés détiennent aujourd’hui 41 % du patrimoine net en France. Face à cette concentration des richesses chez les seniors, la solidarité familiale s’organise donc… et se modifie en profondeur.
50 % des Français prêts à sauter une génération
Plus d’un Français sur deux (52 %) envisage ainsi de « passer son tour » pour permettre à ses enfants de bénéficier d’un coup de pouce financier au moment où ils en ont le plus besoin, plutôt que d’attendre deux décennies supplémentaires. « L’héritage, bien que perçu comme fiscalement lourd, joue un rôle crucial dans la préservation du patrimoine familial et la sécurisation de l’avenir des proches, une prise de conscience qui s’accroît avec l’âge », note encore BPCE L’Observatoire.
Les trois piliers du renoncement
Pourquoi une telle décision, qui peut paraître radicale ? L’étude identifie trois motivations principales :
- La protection de la descendance : Pour 32 % des sondés, l’objectif est de sécuriser l’avenir des enfants face aux aléas économiques.
- L’optimisation fiscale : 31 % voient dans le saut générationnel un moyen de réduire les droits de succession globaux en évitant que le patrimoine ne soit taxé deux fois (une fois lors de la transmission aux parents, puis une seconde fois vers les petits-enfants).
- La paix familiale : Pour 30 %, anticiper et clarifier les flux financiers permet d’éviter les tensions futures.
Du côté des dispositifs utilisés, l’assurance-vie reste l’outil privilégié (plébiscité par 31 % des sondés). Viennent ensuite la donation-partage et le démembrement (22 %), puis le don familial (11 %).