Grand débat autour de la réforme des retraites : le Président tente de lever les inquiétudes

PUBLIÉ LE :
Grand débat autour de la réforme des retraites : le Président tente de lever les inquiétudes
Adobe Stock

Jeudi soir, le Président de la République Emmanuel Macron, était présent du côté de Rodez face à 500 personnes, pour un débat sur le thème des retraites avec l'objectif évident de défendre son projet de réforme.

Alors que le gouvernement se heurte déjà à l’opposition des syndicats, des régimes spéciaux ou encore, des organisation professionnelles sur la question de la réforme des retraites, le Chef de l’État a essayé de persuader et de « lever les malentendus », face à des Français apparaissant inquiets et méfiants.

Le système actuel « n'est plus adapté »

Dans un premier temps, l’Exécutif tente de rassurer : le système par répartition à la française, dans lequel les cotisations des actifs paient la pension des retraités ne disparaîtra pas.

La « transformation » résidera surtout dans la manière de compter les droits retraite : on passerait ainsi d’un système par annuités, dans lequel on se réfère aux 25 meilleures années pour déterminer le montant de la pension, à un régime par points prenant en considération l’ensemble de la carrière dans le calcul du droit à pension.

À NOTER

Si le gouvernement souhaite maintenir un système par répartition, il ambitionne toutefois développer le recours à la capitalisation. Ainsi, la réforme de l’épargne retraite contenue dans la loi PACTE et l’instauration de 3 nouveaux produits d’épargne retraite (PER), semblent abonder dans ce sens.

Selon Emmanuel Macron, une réforme est nécessaire parce que le régime actuel n’est plus « adapté » à la réalité, du fait notamment de la transformation de l’emploi (développement des carrières hachées, etc.).

Et puis, avec les « 42 régimes différents » le composant, le « système n’est plus universel » mais il est également « illisible », citant notamment les infirmières qui bénéficient d’une retraite différente en fonction de leur statut (libérales ou salariées) ou encore, les chauffeurs de bus qui ne partent pas en retraite au même âge, selon qu’ils sont à la RATP, avec un régime spécial, ou dans une autre entreprise.

Un futur système « plus juste »

Emmanuel Macron a défendu un système « plus solidaire », dans lequel le minimum retraite serait fixé à 1000 € par mois contre 970 € actuellement.

Il a également évoqué le projet d’une retraite plus juste pour les femmes et notamment celles qui ont une carrière hachée : « 20 % des femmes travaillent jusqu'à 67 ans aujourd'hui pour avoir la retraite à taux plein. Nous allons changer le système pour que ce soit plus juste ».

Il faudra travailler plus

S’il a assuré que l’âge légal de départ en retraite, fixé à 62 ans, « ne bougera pas », le Président a toutefois évoqué la nécessité de « définir » un « âge pivot », à partir duquel il sera possible de partir en retraite à taux plein, sans décote. Dans le rapport Delevoye, cet âge pivot, ou âge d’équilibre, est fixé à 64 ans.

« Il ne faut pas se mentir, il faudra cotiser plus, il n'y a pas de solution magique » a-t-il concédé, cela notamment pour une question démographique, allongement de l’espérance de vie oblige.

D'ailleurs, le mois dernier, Édouard Philippe, le Premier ministre a annoncé la saisie du Conseil d’orientation des retraites (COR), afin de déterminer si le nouveau système de retraite, qui doit entrer en vigueur en 2025, sera à l’équilibre à cette échéance-là.

« Si le COR nous dit : 'Il manque 8 ou 10 milliards', on devra dire 'il faut travailler un peu plus longtemps', ça c'est tout à fait vrai", a affirmé Emmanuel Macron. « S'il nous dit 'c'est à l'équilibre en 2025', on n'aura pas besoin de [le] faire », a-t-il poursuivi.

Les préconisations du COR sont attendues pour fin novembre.

Il a cependant laissé entendre qu'en cas de besoin de financement, c'est l'allongement de la durée de cotisation qui serait la piste privilégiée.

Une règle d’or pour fixer la valeur du point retraite

Afin de lever les craintes de certains, le Président a annoncé la mise en place de règles d’or afin de fixer la valeur du point retraite, avec pour engagement « ne pas dégrader le niveau de vie des retraités ».

Interrogé sur l’absence de simulateurs permettant de comparer le montant de sa pension avant et après réforme, il a reconnu que pour le moment, aucun outil ne permettait d’y voir plus clair : "les simulations, c'est de la pipe complète ! », « on ne peut pas faire de simulation tant qu'on n'a pas fixé le mode de calcul du point. », a-t-il déclaré.

Clap de fin pour les régimes spéciaux

Emmanuel Macron a réaffirmé que le nouveau système de retraite mettrait fin aux régimes spéciaux. Il a évoqué le cas des avocats vent debout contre la réforme : « on ne veut pas se mettre avec les autres tant que l'on est bénéficiaire », mais « les avocats d'aujourd'hui vont devenir les agriculteurs de demain » a-t-il prévenu. Il a signifié qu'il n'était pas question que ce système autonome perdure et a donc incité les avocats à « s'engager dans un dialogue ».

En outre, balayant les craintes de certains régimes autonomes de se voir spolier leurs réserves afin de combler le trou de certains régimes déficitaires, Emmanuel Macron a assuré que le gouvernement ne toucherait pas aux réserves accumulées par lesdites caisses : « nous ne prendrons pas les ressources des caisses, c'est impossible juridiquement. Cela relève de votre droit de propriété ».

Cet article issu de Previssima.fr est soumis au droit d'auteur, protégé par un logiciel anti-plagiat. Toute reproduction, rediffusion ou commercialisation totale ou partielle du contenu, sans l’autorisation expresse de la société Previssima, est interdite. Les informations diffusées sur Previssima.fr (hors forum, commentaires et annuaire) sont toutes vérifiées par un service juridique spécialisé. Toutefois, Previssima ne peut garantir l'exactitude ou la pertinence de ces données. L'utilisation des informations et contenus disponibles sur l'ensemble du site ne peuvent en aucun cas engager la responsabilité de Previssima.