Gagnez-vous assez pour être considéré comme riche en France ?
En France, la question du seuil de richesse fait régulièrement débat. Selon l'Observatoire des inégalités, une personne seule atteindrait ce statut à partir de 4 292 euros nets par mois.
Si ce montant peut sembler moins important que prévu, il répond à une statistique simple : est considéré comme riche celui qui gagne au moins deux fois plus que le niveau de vie médian des Français.
Qui peut être considéré comme riche ?
La notion de richesse reste largement subjective. Pour certains, être riche signifie posséder un important patrimoine immobilier, vivre dans une demeure d'exception ou disposer de revenus permettant un train de vie particulièrement confortable. Pourtant, lorsqu'il s'agit de mesurer la richesse à l'échelle d'un pays, les statisticiens s'appuient sur des critères beaucoup plus objectifs.
Selon le dernier rapport publié par l'Observatoire des inégalités, une personne vivant seule peut être considérée comme appartenant aux catégories les plus favorisées dès lors que son niveau de vie dépasse 4 292 euros nets par mois après impôts. Un montant qui peut paraître relativement modeste au regard de l'image que beaucoup se font des hauts revenus.
Un indicateur fondé sur le niveau de vie médian
Cette estimation repose sur une méthode statistique couramment utilisée. L'Observatoire fixe le seuil de richesse à deux fois le niveau de vie médian de la population. Autrement dit, une personne est considérée comme aisée lorsqu'elle dispose de revenus deux fois supérieurs à ceux situant la moitié des Français au-dessus et l'autre moitié en dessous.
Naturellement, ce seuil évolue selon la composition du foyer, les besoins n'étant pas les mêmes pour une personne seule, un couple ou une famille avec enfants. En 2023, les niveaux retenus étaient les suivants :
- 5 580 euros nets par mois pour une famille monoparentale avec un enfant de moins de 14 ans ;
- 6 438 euros pour un couple sans enfant ;
- 10 730 euros pour un couple avec deux enfants âgés de plus de 14 ans.
Des écarts de revenus qui se creusent
Au-delà de ce premier palier, les inégalités s'accentuent rapidement. Entrer dans le 1 % les plus riches suppose environ 7 500 euros nets mensuels, tandis que le 0,1 % dépasse 20 000 euros. À ces niveaux supérieurs, le mode de vie change, et pas qu’un peu : l'épargne et la transmission patrimoniale priment ainsi sur la consommation courante. On parle alors d'accumulation de biens diversifiés (immobilier, placements, voire entreprises), qui creusent davantage les écarts. Autrement dit, plus on est riches, plus on continue d’être riches.
Revenus et patrimoine vont bien ensemble
Sans surprise, « 82 % des ménages situés dans les 10 % les plus riches en patrimoine appartiennent aux milieux sociaux favorisés », souligne l'étude. Parmi ceux-ci on trouve des cadres supérieurs, des professions libérales, des chefs d'entreprise et un grand nombre de retraités appartenant à ces catégories.
Un ménage situé au seuil des 10 % les plus riches peut compter sur 4 000 euros par an en moyenne de revenus du capital (des loyers et intérêts encaissés par exemple), l'équivalent de presque trois mois de smic. Enfin, les 500 plus grosses fortunes de France ont vu leur valeur globale multipliée par 6,6 au cours des 20 dernières années.
Des écarts de pension importants, mais atténués par le système de retraite
Dans une précédente étude, l'Observatoire mettait en lumière les écarts de niveau de vie entre les retraités les plus modestes et les plus aisés. Les montants de retraite varient ainsi d'environ 790 euros par mois pour les ménages les plus pauvres à plus de 4 000 euros pour les plus riches. Les 10 % des ménages percevant les pensions les plus élevées concentrent à eux seuls 17 % de l'ensemble des retraites versées.
L'étude souligne toutefois que les retraites demeurent moins inégalitaires que les salaires. Cette moindre dispersion s'explique par plusieurs mécanismes correcteurs intégrés au système de retraite, qui limitent les écarts aux deux extrémités de l'échelle des revenus :
- Pour les retraités les plus modestes, le minimum vieillesse et les dispositifs garantissant une retraite minimale aux personnes ayant cotisé réduisent le risque de pauvreté et atténuent les écarts de revenus.
- Pour les retraités les plus aisés, le plafonnement des cotisations s'accompagne également d'un plafonnement des pensions, ce qui limite le montant des retraites les plus élevées et contribue à contenir les inégalités.
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