Femmes et investissement : la fin d'un tabou grâce à la nouvelle génération ?

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Femmes et investissement : la fin d'un tabou grâce à la nouvelle génération ?

Malgré une volonté croissante d’indépendance financière, les femmes restent deux fois moins nombreuses que les hommes à investir sur les marchés financiers. La dernière édition du baromètre de l'AMF révèle toutefois l'émergence d'une nouvelle génération de femmes, plus jeunes et plus audacieuses, prêtes à bousculer les codes de l'épargne.

Le manque de confiance, un frein majeur

À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, dimanche 8 mars, l'Autorité des marchés financiers a publié mardi 3 mars une édition spéciale de son Baromètre de l’épargne et de l’investissement, consacrée aux placements financiers des femmes. Première (non) surprise, un fossé toujours « significatif » sépare les comportements d’investissement masculins et féminins. Parmi les premiers enseignements : 24 % des femmes ont déclaré investir en bourse depuis un compte-titres, un PEA, en crypto-actifs ou dans le cadre du financement participatif, contre 45 % des hommes.

L’étude souligne un manque de confiance marqué : « plus de la moitié des femmes interrogées refusent toute prise de risque en matière d’investissement (51 %, contre 31 % des hommes) », note l’étude.

Elles sont aussi 28 % à se déclarer « compétentes » en matière d’épargne et de placements, contre 51 % des hommes, même si, lorsqu’elles sont testées, elles surestiment moins leur niveau réel de connaissances que les hommes.

Cette différence d’approche persiste aussi selon les types de placements : les femmes sont moins nombreuses à posséder des ETF (10 % contre 18 % chez les hommes) et des cryptoactifs (20 % contre 33 %).

À NOTER

En présentant l’étude, la présidente de l’AMF, Marie-Anne Barbat-Layani, a rappelé que le sous-investissement des femmes est un « problème majeur ». Ceci représente pour elles un « manque à gagner », les rendant « moins armées pour assurer leur autonomie financière et leur avenir ». Elle appelle ainsi le monde financier à « s’intéresser davantage aux femmes » afin que celles-ci puissent prendre en main leurs finances et, en bout de compte, leur autonomie et leur avenir.

Une nouvelle génération plus autonome

Ces données pourraient être vues avec le prisme du verre à moitié vide. Pourtant, plusieurs éléments invitent à adopter une vision plus optimiste.

Tout d’abord, l’évolution de l’investissement féminin année après année est encourageante : si 24 % des femmes investissaient en 2025, c’est 1 % de plus qu’en 2024 et 3 % de plus qu’en 2021.

Parallèlement, le recours aux conseils d’un professionnel a fortement diminué, passant de 32 % en 2023 à 23 % en 2025. Ce signe de confiance grandissante se retrouve particulièrement chez les catégories socio-professionnelles supérieures, mais pas uniquement. Et c’est justement ici que l’étude devient vraiment intéressante.

L’essor de la « nouvelle génération » d’investisseuses

Une tendance se dessine, et elle est indubitablement encourageante pour les années à venir : les jeunes femmes s’intéressent de plus en plus à la bourse. « 33 % des femmes de moins de 35 ans déclarent détenir, au sein de leur foyer, des produits investis en bourse depuis un compte-titres ou un PEA, contre 11 % des femmes de 55 ans et plus », note l’étude de l’AMF.

Elles sont également 9 % à posséder des crypto-actifs, contre 6 % des femmes de 35 à 54 ans et seulement 2 % des retraitées ou femmes inactives.

Le chemin pour combler le « gender gap » en matière d’investissement reste encore important, mais les évolutions récentes sont encourageantes. Avec une nouvelle génération de femmes plus informées, plus confiantes et prêtes à prendre des initiatives, l’avenir de l’épargne pourrait enfin devenir plus équilibré et inclusif, ouvrir la voie à une transformation des pratiques financières, et renforcer le poids des femmes dans la création économique via leurs investissements.

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