« Être chômeur aujourd'hui en France, c’est être une personne malheureuse qui subit un moment de vie difficile » (Étude Unedic)

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« Être chômeur aujourd'hui en France, c’est être une personne malheureuse qui subit un moment de vie difficile » (Étude Unedic)
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Pour 83 % des Français, le travail occupe une place importante dans leur vie, un chiffre en augmentation de 4 points. En outre, 93 % ont la conviction que le chômage peut toucher tout le monde.

Publié jeudi 24 septembre 2020, le deuxième volet du baromètre sur la perception des Français sur des demandeurs d’emploi et le chômage, lancé en avril 2020 par l’Unedic, éclaire l’évolution de ces représentations avant et après/pendant l’épisode de la crise sanitaire. Un premier constat montre une très forte augmentation du sentiment de dégradation de la situation de l’emploi.

À noter que si ce baromètre révèle de véritables craintes depuis le début de la crise sanitaire, les Français dissocient nettement l’activité partielle du « chômage » classique. Le dispositif de chômage partiel, jugé transitoire, est globalement bien vécu par les bénéficiaires qui ont été 50 % des répondants. Par ailleurs, l’activité partielle change peu le regard des Français sur les « chômeurs ».

L’Assurance chômage : un bouclier à la fonction protectrice

La hiérarchie des causes du chômage reste inchangée et place la responsabilité sur les évolutions de la société et sur les entreprises :

  • 67 % des répondants placent la responsabilité sur les évolutions de la société : délocalisation à l’étranger, poids des charges sociales des entreprises, destructions des emplois par l’évolution des technologies, du numérique et des robots, etc.
  • 52 % des répondants placent la responsabilité du côté des entreprises : réticence à embaucher, manque de postes à pourvoir, exigences excessives ou contradictoires de la part des recruteurs
  • 36 % des répondants placent la responsabilité du côté des chômeurs : refus de travailler, faible contrôle des fraudeurs, montant des allocations versées

Avec la crise, l’utilité protectrice des allocations chômages et son rôle protecteur se confirme : 88 % des Français estiment qu’elles sont un droit, 87 % qu’elles permettent aux chômeurs de vivre dignement et pour 79 % qu’elles luttent contre la pauvreté.

Le chômage : une situation qui demeure subie

Selon l’Unédic : Être « chômeur » aujourd'hui en France, c’est être une « personne malheureuse qui subit un moment de vie difficile ». L’organisme affirme que 78 % des Français considèrent le chômage comme une situation subie et 68 % comme un coup du sort.

Les regards sur les chômeurs et la façon dont ils se perçoivent se polarisent autour des sentiments de dépendance au système, de manque de chance et de culpabilité dans le manque de courage ou de persévérance.

Près de 4 demandeurs d’emploi sur 10 sont convaincus que les Français leur portent un regard critique, or seuls 13 % des répondants ont une « opinion négative » à l’égard des chômeurs. Pour autant, le soupçon progresse au sujet de leur réelle envie de retourner dans la vie active :

  • 56 % estiment que les chômeurs sont sans emploi, car ils ne font pas de concession dans leur recherche d’emploi
  • 52 % estiment qu’ils ne travaillent pas pour ne pas perdre leur allocation chômage
  • 45 % considèrent que la plupart des chômeurs ne cherche pas vraiment à retrouver un emploi
  • Pour 38 %, les chômeurs sont des assistés
  • Pour 36 %, ils perçoivent des allocations trop élevées
  • Pour 35 %, la plupart des chômeurs sont en situation de fraude

Structuration des opinions sur le chômage et les chômeurs

L’Unedic dresse quatre groupes d’opinion au sujet du système de l’Assurance chômage et de ses bénéficiaires :

  • Le groupe « Un bouclier qui nous protège» représente 21 % des opinions : concernés, impliqués, exposés, de fragiles à précaires, ces répondants sont attachés au système contributif et solidaire d’assurance chômage. Ils le perçoivent comme un bouclier salvateur face à l’ampleur du risque « chômage » provoqué par les transformations du monde, du travail, le manque de courage des entreprises et la dégradation du marché de l’emploi. Ils sont politiquement marqués à gauche ou abstentionnistes
  • Le groupe « Un droit utile à tous» représente 37 % des opinions : ils ont approché le chômage mais sans exposition immédiate et franche au risque, dans une expérience passée. Ils expriment de la compassion pour les chômeurs, et font preuve d’une bienveillance qui tombe parfois dans le misérabilisme ou la victimisation. Ils jugent l’Assurance chômage utile pour protéger les fragiles exposés au risque et la considèrent comme un droit, même si un doute sur la motivation des chômeurs à s’en sortir persiste
  • Le groupe « Un système détourné par des profiteurs » représente 29 % des opinions : alors que près d’1 sur 2 ait connu le chômage (expérience lointaine et courte en majorité), la plupart le tiennent aujourd’hui à distance et expriment le sentiment d’en être protégés ou peu exposés. Ils perçoivent les demandeurs d’emploi comme les « profiteurs » d’un système qui ne les encourage pas vraiment à sortir de la situation de chômage. Si l’indemnisation est un frein au retour à l’emploi, ils la jugent néanmoins utile pour garantir une vie digne aux plus précaires. Leur positionnement politique va du centre au Rassemblement national
  • Le groupe « Un assistanat qui protège des fainéants» représente 13 % des opinions : les anciens demandeurs d’emploi du groupe expriment le sentiment de ne pas avoir « subi » leur période de chômage (brève pour une majorité), et partagent avec les non-demandeurs d’emploi une confiance résolue pour y faire face ou l’éviter. Tous placent le travail au centre de leur vie. Ils considèrent les allocations chômage comme de l’assistanat et perçoivent les chômeurs comme seuls responsables de leur situation. Leur marquage politique à l’extrême droit est très prononcé.

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