Épargne salariale et retraite : les records de 2025 marquent un tournant structurel

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Épargne salariale et retraite : les records de 2025 marquent un tournant structurel
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L’épargne salariale et l’épargne retraite d’entreprise poursuivent leur progression. Selon la dernière étude de l’AFG publiée en mars 2026, les encours atteignent un niveau historique de 229,4 milliards d’euros à fin 2025, en hausse de +14,7 % sur un an.

Au-delà de la performance, cette évolution traduit une transformation durable des comportements d’épargne. Dans un contexte marqué par les interrogations autour du système de retraite, les dispositifs collectifs s’imposent progressivement comme des solutions incontournables pour préparer le long terme.

Qui utilise l’épargne d’entreprise ?

Avec 442 000 entreprises équipées, l’épargne salariale et retraite s’inscrit aujourd’hui dans le paysage courant des politiques de rémunération, en particulier au sein des PME (99 % des entreprises équipées). Ce sont d’ailleurs près de 26 000 nouvelles entreprises qui ont rejoint ces dispositifs en 2025.

Au total, 13,2 millions de salariés bénéficient d’un dispositif, confirmant une diffusion large et continue.

Cette généralisation ne signifie pas pour autant une pleine appropriation. Derrière ces chiffres, les niveaux d’équipement masquent encore des marges de progression importantes, notamment dans la compréhension des dispositifs, leur articulation et leur pilotage dans le temps.

L’épargne retraite collective : un marché en plein essor

L’un des enseignements majeurs de l’étude réside dans le dynamisme de l’épargne retraite d’entreprise. Les encours atteignent 39 milliards d’euros, en hausse de +14,2 % par rapport à 2024, portés par une collecte nette en progression.

À l’inverse, les plans d’épargne entreprise (PEE) sont davantage utilisés pour récupérer des gains ou effectuer des ajustements, notamment après les bonnes performances des marchés ces dernières années. Le rendement du profil Dynamique sur 5 ans a d’ailleurs atteint 5,4 %, et 5,3 % sur 15 ans, ce qui démontre que l’épargne salariale peut générer des performances intéressantes sur le long terme.

Aujourd’hui, les actifs veulent se constituer une épargne dédiée à la retraite, complémentaire aux régimes obligatoires.

Les dispositifs collectifs sont de plus en plus utilisés comme des outils concrets pour préparer la retraite, optimiser les charges et proposer une rémunération plus attractive aux salariés.

Comment évoluent les pratiques d’épargne des salariés ?

Les comportements des épargnants évoluent également. La gestion pilotée s’impose désormais comme le mode de gestion majoritaire en épargne retraite, adoptée par près de 68 % des détenteurs. Elle répond à un besoin de simplicité et d’adaptation progressive au risque, en fonction de l’horizon de placement. Chez les moins de 30 ans, près de 50 % des encours sont gérés en actions via la gestion pilotée, illustrant une appétence pour le risque et le long terme.

Par ailleurs, l’allocation des encours reste largement orientée vers le financement des entreprises, avec une part importante investie en actions (64 %) et obligations (12 %).

On observe aussi un attrait renforcé des salariés pour l’investissement durable et solidaire : 61 % des flux des fonds diversifiés sont désormais orientés vers cette catégorie.

Ces transformations témoignent d’une approche de l’épargne de plus en plus tournée vers le long terme, mais aussi d’un besoin croissant d’accompagnement pour en maîtriser les ressorts.

L’épargne au service des projets personnels

Avec 23,4 milliards d’euros de collecte brute en 2025, les dispositifs d’épargne salariale et retraite constituent un vecteur majeur de financement de l’économie et des projets individuels.

Participation, intéressement, versements volontaires et abondement alimentent ces flux, tandis que les rachats, en hausse à 21 milliards d’euros, traduisent l’utilisation concrète de cette épargne. À titre d’exemple, 39 % des déblocages anticipés ont servi à l’achat de la résidence principale.

Cette dualité entre logique d’épargne longue et besoins de liquidité souligne l’importance d’un pilotage dans la durée, afin de concilier objectifs de préparation de la retraite et projets de vie.

Le rôle clé du conseil dans la stratégie retraite des salariés

La montée en puissance de ces dispositifs, leur complexité croissante et la diversité des usages associés contribuent à faire évoluer les attentes.

Aujourd’hui, il ne suffit plus de mettre en place un PEE ou un PER collectif. Les enjeux consistent davantage à choisir les bons dispositifs, les articuler entre eux, optimiser les flux (intéressement, participation, abondement, versements) et s’assurer qu’ils restent cohérents dans le temps.

Très concrètement, cela implique par exemple de :

  • Définir une stratégie claire entre rémunération immédiate et épargne long terme ;
  • Adapter les dispositifs aux profils des salariés ;
  • Anticiper les moments clés (déblocage, départ de l’entreprise, retraite) ;
  • Et sécuriser les choix d’allocation dans la durée.

Dans ce contexte, un conseil global est essentiel. Avec 17 100 € en moyenne détenus par salarié sur leurs plans, l’accompagnement permet de sécuriser les parcours et de préparer efficacement la retraite.

L’épargne d’entreprise, un pilier pour préparer la retraite

La progression continue des encours depuis 2008 (+ 7,1 % en moyenne par an) et le développement rapide de l’épargne retraite collective confirment une évolution de fond : la préparation de la retraite ne repose plus uniquement sur les régimes obligatoires.

Elle passe désormais de plus en plus par des dispositifs d’épargne mis en place en entreprise, qui viennent compléter les pensions futures.

Concrètement, cela change la donne car les décisions prises pendant la vie active, qu’il s’agisse du niveau d’épargne, du choix des supports ou des arbitrages, influencent directement le revenu dont on disposera à la retraite.

Dans ce contexte, les dispositifs d’épargne salariale et retraite ne sont plus de simples compléments. Ils deviennent des outils structurants, utilisés pour :

  • Se constituer un capital dans la durée ;
  • Financer des projets intermédiaires (notamment immobiliers) ;
  • Et préparer un complément de revenu à la retraite.

Cette évolution renforce les enjeux de compréhension et d’anticipation. Car sans pilotage dans le temps, les risques de mauvais arbitrages ou de sous-optimisation restent importants.

Plus qu’une tendance, l’épargne d’entreprise devient progressivement un véritable pilier pour préparer la retraite.

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