Épargne retraite : le PER franchit le cap historique des 12,7 millions de titulaires
Alors que les inquiétudes sur le niveau des pensions publiques restent vives, le Plan d’Épargne Retraite (PER) poursuit sa montée en puissance. Au troisième trimestre 2025, près de 12,7 millions de personnes détiennent un PER, pour plus de 141 milliards d’euros d’encours.
Un produit désormais ancré dans le paysage de l’épargne retraite
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) s’impose de plus en plus comme un pilier incontournable de l’épargne à long terme en France et, surtout, comme un outil indispensable pour préparer sa fin de carrière. Les chiffres publiés ce lundi 16 février par le ministère de l’Économie et des Finances confirment ainsi le dynamisme de ce dispositif créé par la loi Pacte.
L’essor est « ininterrompu depuis 2020, avec une croissance soutenue tant en nombre de titulaires qu’en encours », souligne le communiqué.
Ainsi, au troisième trimestre 2025, le marché dénombre près de 12,7 millions de titulaires, pour un total de 141,1 milliards d’euros d’encours. Ces données ont été obtenues en consolidant les chiffres des fédérations professionnelles distribuant des PER (France Assureurs, AFG, FNMF et FIPS).
Une base de titulaires élargie
Sur douze mois, l’encours global des PER progresse de 19 %. Cette manne financière se répartit sur les trois compartiments du produit :
- Le PER individuel (PERIN) : il reste le moteur principal avec 82,4 milliards d’euros d’encours.
- Le PER d’entreprise collectif (PERECO) : il pèse 31,7 milliards d’euros.
- Le PER d’entreprise obligatoire (PERO) : il complète l’ensemble avec 27,1 milliards d’euros.
L'autre enseignement majeur de ce bilan réside dans l'utilisation de cette épargne. L’argent investit dans un PER, comme dans le cadre d’un Livret A ou d’une assurance-vie, est utilisé au service de l’économie. Il « travaille », comme on dit.
Bercy souligne ainsi que plus de 80 % des actifs sont investis en France ou au sein de l’Union européenne. Le PER devient à ce titre un levier de financement crucial : 60 % des encours sont fléchés vers des fonds propres ou de la dette privée, dont 5 milliards d’euros investis directement dans le non coté (Private Equity).

Pourquoi un tel engouement ?
Si les Français plébiscitent autant ce support, c'est grâce à une flexibilité qu'offraient rarement les anciens contrats (Madelin, PERP). La possibilité de déduire les versements volontaires de son revenu imposable reste l'argument massue.
Mais la faculté de sortir en capital au moment de la retraite - plutôt qu’en rente obligatoire - ou d’utiliser les fonds de manière anticipée dans certains cas particuliers (achat d’une résidence principale, par exemple) constitue un autre avantage du PER
Le PER : de quoi parle-t-on exactement ?
Conçu pour remplacer une nébuleuse de produits complexes et cloisonnés (PERP, Madelin, PERCO, Article 83), le PER issu de la loi Pacte unifie l'épargne retraite sous un socle de règles communes et simplifiées. Pour les particuliers, il existe sous deux formes distinctes :
- Le PER assurantiel : C'est le modèle le plus répandu. Son fonctionnement se rapproche de celui d'une assurance-vie, offrant notamment des avantages spécifiques en matière de transmission (succession).
- Le PER bancaire : Moins fréquent, il s'apparente davantage à un compte-titres associé à un compte espèces, et permet d'investir directement dans des instruments financiers.
