Election présidentielle : Nicolas Dupont-Aignan répond à Previssima sur la protection sociale

PUBLIÉ LE :

Previssima a sollicité les principaux candidats à l’élection présidentielle pour connaître leur programme en matière de santé, de retraite et de prévoyance. Aujourd’hui, les réponses du candidat De Debout la France.

Santé

Ajustement des dépenses de l »objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM). Meilleur remboursement des soins dentaires, des lunettes et des prothèses auditives. Définition de 5 objectifs.

La Sécurité sociale est-elle selon vous sauvée ? Faut-il de nouveaux ajustements voire une réforme en profondeur ?

Le système de santé français tel qu’il fut conçu à la Libération a longtemps été une fierté. L’excellence des médecins et un système de remboursement performant ont concouru à augmenter l’espérance de vie des Français de 62 à 82 ans entre 1946 et 2014.

Or les Français et les professionnels de santé doutent aujourd’hui de l’avenir de leur système solidaire : les médicaments sont de moins en moins remboursés, les hôpitaux sont engorgés et les Affectations Longue Durée (ALD) se multiplient sans que les gouvernements successifs n’aient paru prendre la mesure du problème. Néanmoins, je demeure convaincu que ce système doit être préservé.

Dans un pays qui vieillit, l’évolution des dépenses de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) doit être au moins égale à l’évolution démographique, majorée d’un pourcentage correspondant au vieillissement de la population. Nous estimons ce pourcentage d’évolution à 2,3 points, majoré des investissements que nous opérerons afin de sauver notre Sécurité Sociale et de la rendre plus juste soit un pourcentage d’évolution annuel de 2,5 %.

La politique de relocalisation et de relance du pouvoir d’achat que je propose permettra de financer la Sécurité sociale. Nous devons mettre fin à la politique menée depuis plusieurs dizaines d’années fondée sur le principe selon lequel la réduction du nombre de médecins entraînerait la diminution du nombre de malades.

Notre seule priorité est l’intérêt des Français. C’est la raison pour laquelle nous voulons lever les doutes qui pèsent sur leur vie quotidienne notamment la lancinante question du remboursement de leurs soins les plus fréquents au premier rang desquels les soins dentaires, les lunettes et les prothèses auditives qui ne doivent plus être considérés comme un luxe.

Dans ce contexte, j’ai cinq objectifs :

  • Assurer une offre de soins de proximité sur l’ensemble du territoire ;
  • Améliorer la qualité des soins et de la prévention ;
  • Garantir l’égalité des Français devant la santé dans des conditions de financement public maitrisées ;
  • Améliorer les conditions de travail des professionnels ;
  • Inverser le rapport de force avec les laboratoires pharmaceutiques.

 Je veux construire un régime de Sécurité sociale unique. Les complémentaires pourront compléter le reliquat.

Retraite

Non recul de l’âge de la retraite. Mise en place d’un système de retraite par points.

Pensez-vous faire évoluer les dispositifs de retraite progressive ou de cumul emploi-retraite ?

Je prône l’instauration d’un système de retraites par point pour les nouveaux cotisants. La valeur du point sera revalorisée chaque année pour que les retraités puissent garantir leur niveau de vie. De plus, le système par point permettra à chaque cotisant de connaître à tout moment le montant de sa pension en fonction de son départ à la retraite.

Quels sont vos projets sur les systèmes de retraite privés (PERP, Epargne salariale, etc…) ?

Je veux créer un régime de retraites unique pour les nouveaux entrants. Néanmoins, je suis pour la participation des systèmes de retraites privés pour pallier les défauts du régime général.

Prévoyance-Protection sociale

Priorité aux branches professionnelles. Suppression du RSI. RSA conditionné à un jour au moins de travail fourni à la collectivité.

Quel rôle envisagez-vous pour les branches professionnelles ? Quelle liberté de négociation doit-on laisser à l’entreprise ?

Attention à la fausse bonne idée des négociations au sein de l’entreprise, elles peuvent entrainer une distorsion de concurrence aux effets néfastes. Les branches professionnelles ont la capacité de négocier dans l’intérêt de leurs entreprises et de leurs salariés.

Quelles sont vos propositions pour améliorer la protection sociale des indépendants ? Quel avenir pour la gestion confiée au RSI ?

Réunir des Etats généraux de la santé avec tous les professionnels concernés pour bâtir un  régime de Sécurité sociale unique. Dans ce nouveau cadre, je veux supprimer le RSI ainsi que l’affiliation obligatoire à une mutuelle d’entreprise pour les salariés.

Faut-il revoir, selon vous, le maquis des aides sociales ?

Il s’agit d’un impératif de bonne gestion et d’un enjeu démocratique : alors que de moins en moins de Français sont soumis à l’impôt (45,6% en 2016), il est crucial que le contribuable puisse savoir avec transparence ce qu’il advient de l’argent public.

Je suis néanmoins favorable au maintien de notre système de solidarité français qui permet de prendre en charge par la collectivité les accidents de la vie, notamment en matière professionnelle, auxquels chacun d’entre nous peut être exposé. Mais la survie de ce modèle implique un grand effort de simplification, de rationalisation de gestion et de conditionnement de l’allocation des aides au mérite.
Par exemple, je conditionnerai la perception du Revenu de solidarité active (RSA) à un jour au moins de travail fourni à la collectivité si les conditions de santé de son bénéficiaire le permettent.

Je suis tout à fait opposé au revenu universel : la meilleure politique sociale reste la création d’emplois ; je propose d’ailleurs le travail universel, c’est-à-dire de donner une activité à chaque Français. En priorité les emplois marchands par la relocalisation de 2 millions d’emplois, la baisse des charges et le travail de ceux qui bénéficient d’allocations sociales.

Dépendance

Renforcement et formation des personnels soignants. Meilleure prise en charge des maladies chroniques.

La loi de 2015 sur l’adaptation de la société au vieillissement est-elle suffisante au regard des enjeux sur la perte d’autonomie ?

La loi de 2015 « d’adaptation de la société au vieillissement » n’est pas suffisante et néglige des pans entiers de la question, qu’il est pourtant important de considérer, comme la formation des professionnels de santé et de services à la personne, l’adaptation de l’habitat et des structures d’accueil, la prévention et l’éducation thérapeutique, la prise en charge des maladies chroniques qui sont souvent à l’origine de la perte d’autonomie.

La préservation de l’autonomie et la lutte contre la dépendance doivent être considérées comme une grande cause nationale.

Faut-il travailler sur la conception d’une formule privée dotée d’avantages fiscaux et sociaux pour aider les partenaires sociaux à engager des négociations et encourager les familles à se protéger ?

Je maintiens que notre système de santé peut être sauvé et doit l’être pour fournir de façon égalitaire les mêmes services de soin à l’ensemble de nos compatriotes, peu importe leur condition sociale où l’endroit où ils se trouvent ; je refuse la privatisation rampante de la Sécurité sociale.

Le cœur du problème étant le nombre de cotisants, la création d’emplois est la solution la plus pérenne pour permettre une gestion républicaine de la santé des Français.  

Nouvelle économie

Economie collaborative oui ! Economie « low cost » non !

Comment voyez-vous l’évolution du financement de la protection sociale à l’aune de la nouvelle économie, de la révolution numérique et de l’économie collaborative ?

Si l’économie collaborative peut offrir des opportunités nouvelles à ceux qui ont des difficultés d’accès aux pans traditionnels du marché, un grand nombre leurs entreprises reposent sur des modèles structurellement déficitaires et néfastes à la concurrence.

L’ « ubérisation » de l’économie entraîne une précarisation de l’emploi, employant des travailleurs pauvres qui cotisent très peu pour leur protection sociale et leur retraite.

Si la concurrence est le moteur de l’innovation, offrant les perspectives d’avenir de notre modèle social, l’État doit veiller à ce qu’elle soit loyale de la part de tous les acteurs économiques et trouver les moyens qu’elle ne résulte pas en l’émergence d’une économie low-cost désastreuse pour l’ensemble de nos concitoyens. Les travailleurs indépendants, les chefs d’entreprises et les salariés doivent bénéficier du même statut.

Mesures de simplification

Zéro taxe et zéro norme supplémentaire pour les TPE/PME. Un guichet régional pour les particuliers.

Avez-vous des projets en vue de simplifier les démarches sociales des entrepreneurs et des particuliers ?

Je propose un grand choc de simplification administrative : un guichet régional sera créé pour aiguiller particuliers et entreprises perdus dans le maquis administratif.

Alors que la France connaît une inflation réglementaire et normative allant jusqu’à l’absurde depuis les années 1970, j’appliquerai la règle 0 taxe et 0 norme supplémentaire pour les TPE/PME : je m’engage à mettre fin à l’instabilité réglementaire et à simplifier les réglementations juridiques existantes dans les 100 jours suivant mon élection, si je suis Président de la République.

Cet article issu de Previssima.fr est soumis au droit d'auteur, protégé par un logiciel anti-plagiat. Toute reproduction, rediffusion ou commercialisation totale ou partielle du contenu, sans l’autorisation expresse de la société Previssima, est interdite. Les informations diffusées sur Previssima.fr (hors forum, commentaires et annuaire) sont toutes vérifiées par un service juridique spécialisé. Toutefois, Previssima ne peut garantir l'exactitude ou la pertinence de ces données. L'utilisation des informations et contenus disponibles sur l'ensemble du site ne peuvent en aucun cas engager la responsabilité de Previssima.