Dépenses de santé : la CNAM alerte sur la montée en puissance des médicaments à très haut coût

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Dépenses de santé : la CNAM alerte sur la montée en puissance des médicaments à très haut coût

Dans un récent rapport, l’Assurance Maladie rappelle que si les progrès médicaux n’ont jamais été aussi rapides, le coût des médicaments, notamment oncologiques, représente le gros des dépenses.

Paracétamol : molécule la plus remboursée en France

Passée relativement inaperçue, cette étude mérite pourtant toute l’attention. Intitulée « Chiffres-clés du médicament en France », l’enquête de la Cnam sur le coût du médicament met en lumière la hausse continue des dépenses liées à certaines classes de traitements. En ligne de mire : la nouvelle génération de thérapies innovantes, dont les prix peuvent atteindre des niveaux particulièrement élevés.

« Entre 2015 et 2025, si les médicaments du quotidien continuent d’occuper une place centrale, les traitements destinés aux pathologies lourdes et chroniques sont montés en puissance, redessinant en profondeur la répartition des dépenses de l’Assurance Maladie dans ce domaine », souligne notamment cette étude.

Par « médicaments du quotidien », la CNAM cite le fameux paracétamol, molécule « de très loin la plus remboursée en France en volume ». Plus de 430 millions de boîtes ont été distribuées en 2024 à 42,5 millions d’assurés concernés. Mais avec « seulement » 376,1 millions d’euros de remboursements, il ne constitue pas le principal poste de dépense de l’Assurance Maladie, loin de là.

Les nouvelles molécules en ligne de mire

« Alors qu’en 2015, un seul médicament dépassait un coût de traitement annuel de 80 000 euros par patient, ils sont 26 en 2025 à franchir ce seuil, et les 10 traitements les plus coûteux dépassent désormais 195 000 euros par patient et par an », souligne ce rapport.

Un des principaux facteurs de cette hausse est l’introduction de médicaments innovants, souvent ciblés sur des pathologies graves ou rares, dont les coûts par patient peuvent dépasser 100 000 €, voire 400 000 € par an pour certains traitements. Les thérapies destinées aux maladies lourdes ou chroniques concentrent une part croissante des montants remboursés. C’est notamment le cas de l’oncologie, qui a vu ses tarifs exploser ces dernières années.

En 2024, les traitements anticancéreux ont représenté 7,1 milliards d’euros de remboursements nets (en ville et à l’hôpital). Les antinéoplasiques, prescrits pour bloquer la prolifération des cellules cancéreuses, sont devenus la première classe thérapeutique remboursée en ville (ils n'occupaient que la 9ème place en 2015).

Sur dix ans, les principaux segments de médicaments ont donc vu leur poids financier quasiment doubler. Ce chiffre illustre le grand écart permanent de notre Sécurité sociale : elle doit continuer à financer les soins de tous les jours tout en ouvrant les portes aux thérapies de pointe, ultra-coûteuses, pour les maladies graves ou rares. C'est tout le défi du modèle solidaire français : ne laisser aucun patient sur le bord de la route, malgré l'envolée des prix pour certains traitements qui ne représentent, en volume, pas la majorité des cas.

L’Assurance Maladie rappelle par ailleurs que le nombre de patients pris en charge en oncologie augmente en moyenne de 3 % par an.

Des dépenses importantes pour un problème de santé mondial

« Les changements que l’on observe aujourd’hui dans les remboursements de médicaments sont significatifs : ils témoignent à la fois des progrès récents de la médecine, avec de nouveaux traitements efficaces contre des maladies rares et graves, et du rôle central de l’Assurance Maladie pour leur prise en charge et ainsi permettre à chacun d’y avoir accès. Notre mission, c’est de soutenir ces innovations tout en veillant à ce que les médicaments soient utilisés de manière juste, sûre et bénéfique pour tous, afin de préserver la qualité des soins et notre modèle solidaire », souligne également Thomas Fatôme, directeur général de l’Assurance Maladie.

Il y rappelle ainsi le caractère universel du rôle de l’Assurance Maladie, quel que soit le type de pathologie concernée.

Un point important ne doit toutefois pas être occulté. Certes, les traitements oncologiques sont coûteux, comme le confirme l’étude. Mais le cancer reste un enjeu majeur de santé publique. Selon les données de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, Il demeure aujourd’hui la première cause de mortalité prématurée en France, devant les maladies cardiovasculaires.

L’amélioration des traitements, combinée à un diagnostic plus précoce, a ainsi permis de faire reculer progressivement la mortalité au cours des 25 dernières années, même si de fortes disparités persistent selon les types de cancers.

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