Crédit immobilier : vers une hausse des taux en 2026 et 2027 ?

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Crédit immobilier : vers une hausse des taux en 2026 et 2027 ?

Après une phase de baisse en 2024 puis de stagnation en 2025, la tendance s’inverse de nouveau sur le marché du crédit immobilier. Selon les dernières projections de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, les taux devraient poursuivre leur remontée dans les mois à venir, et plus fortement encore en 2027.

Une dynamique haussière désormais bien ancrée

L’achat d’un logement représente souvent le projet d’une vie, mais les conditions vont-elles se durcir ? C’est en tout cas la conclusion de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, qui estime que la trajectoire des taux immobiliers est désormais fermement orientée à la hausse.

Les conditions d’accès au crédit avaient déjà commencé à se durcir dès l’automne, après un point bas moyen atteint en juin et août à 3,06 %. En décembre, la trajectoire s’était déjà infléchie, avec un taux de crédit moyen à 3,17 % (hors assurance et frais annexes). Et ce ne serait pas près de s’arrêter.

Une remontée des taux appelée à se poursuivre

« Nous sommes sur deux années en cours et à venir qui sont des années de remontée des taux des crédits », a déclaré Michel Mouillart, professeur d’économie chargé de la présentation de cette étude, lors d’une conférence de presse en ligne mardi 20 janvier 2026. Selon l’institution, la « dégradation relative de l’environnement économique » va accélérer ce phénomène dans les mois à venir. Conséquence : le taux moyen devrait atteindre :

  • 3,55 % au quatrième trimestre 2026,
  • 3,95 % au quatrième trimestre 2027.

La période des taux d’emprunt bas est-elle finie ?

En début d’année, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, avait lui-même livré un message qui sonne, a posteriori, comme un avertissement : « Je crois vraiment que c'est le bon moment pour emprunter parce que ce que nous observons depuis plusieurs mois, c'est que la baisse des taux du crédit immobilier, qui avait été sensible, s'est arrêtée », disait-il.

Plusieurs facteurs expliquent cette persistance de taux élevés. D’une part, les marchés obligataires, notamment les taux des obligations d’État (OAT), servent de référence aux banques pour fixer leurs offres : des pressions à la hausse sur ces marchés se répercutent directement sur les conditions de prêt.

D’autre part, bien que la Banque centrale européenne (BCE) ait assoupli sa politique monétaire depuis le pic des taux, l’institution reste floue concernant ses prochaines décisions, notamment en raison de la forte incertitude géopolitique actuelle. D’après les observateurs, une baisse franche des taux n’est pas, a priori, le scénario principalement retenu pour les mois à retenir.

Conséquences concrètes pour les ménages

Une hausse des taux immobiliers a bien entendu un impact direct sur la capacité à acheter un bien. À taux constant, un coût d’emprunt plus élevé signifie des mensualités plus importantes ou une capacité d’achat réduite, ce qui peut se traduire, par exemple, par la perte de plusieurs mètres carrés précieux.

Rappelons toutefois un point majeur : le taux d’intérêt nominal - même s’il est important - n’est pas le seul critère à prendre en compte. Le taux annuel effectif global (TAEG), qui intègre d’autres coûts liés au crédit, comme les frais de dossier mais surtout l’assurance emprunteur, constitue le véritable indicateur de référence. Une banque X peut proposer un taux nominal plus élevé que la banque Y, mais si, au final, le TAEG de cette dernière est supérieur, il peut être plus avantageux de se tourner vers la première proposition.

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