Congé climatique : une mesure sociale face à la canicule ou un risque pour l’économie ?
Alors que la France fait face à un nouvel épisode de fortes chaleurs, Les Écologistes relancent le débat sur un « congé climatique » payé. Réclamée par la gauche, la proposition suscite une vive opposition du patronat, qui y voit une mauvaise réponse à un défi réel.
Une pétition pour protéger les travailleurs vulnérables
Records absolus de chaleur atteints dans plusieurs villes, mois de juin le plus chaud jamais enregistré… La canicule actuelle prend des proportions inédites. Si l’on en croit les climatologues, cette situation est amenée à se répéter et à s'amplifier dans les années à venir.
Face à un thermomètre qui s'affole, Les Écologistes ont donc choisi de mener une action citoyenne en lançant une pétition nationale le dimanche 21 juin. Pour Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti, cette mesure répond à une urgence de santé publique. Ce congé exceptionnel ne s'appliquerait pas seulement aux professions extérieures physiquement pénibles. Il engloberait aussi les parents contraints de garder leurs enfants en cas de fermeture administrative des écoles pour cause de surchauffe des bâtiments.
« Personne ne devrait risquer sa santé ou celle de ses proches simplement pour aller travailler », peut-on lire dans le texte de la pétition.
Une initiative rapidement appuyée par d'autres composantes de la gauche, à l'image de Manuel Bompard (La France insoumise), qui plaide lui aussi pour un cadre légal protecteur et spécifique face aux chocs thermiques.
Le Medef dénonce un « cercle vicieux »
Invité sur le plateau de BFMTV, le président du Medef, Patrick Martin, s’est montré particulièrement circonspect. Selon lui, le congé climatique constitue « une mauvaise réponse à une vraie question ».
D'après la vision du patronat, imposer des jours de repos obligatoires réduirait la création de richesse globale. Or, pour le Medef, c'est précisément cette santé économique qui doit servir à financer les chantiers colossaux de la transition écologique. Réduire le temps de travail affaiblirait les capacités financières nécessaires pour :
- Rénover les infrastructures : notamment l'isolation thermique des bâtiments publics comme les écoles ou les Ehpad.
- Moderniser les réseaux : adapter les transports en commun et déployer de nouvelles technologies thermiques.
En clair, selon Patrick Martin, moins produire priverait le pays des moyens indispensables pour s'adapter au réchauffement.
Le Medef plaide plutôt pour des mesures concrètes et adaptées au sein de chaque entreprise : aménagement des horaires pour travailler aux heures les plus fraîches, développement du télétravail lorsque cela est possible, amélioration des équipements de protection ou encore mise à disposition d’eau. Des solutions jugées plus pragmatiques que la création d’un nouveau droit à l'absence. Reste à savoir si ces ajustements locaux seront suffisants, alors que plus personne ne conteste aujourd’hui la gravité du réchauffement climatique et ses effets directs sur le monde du travail.
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