Assurance-vie, PEA, SCPI… quelles sont les règles fiscales de vos différents placements cette année ?
Alors que la campagne déclarative des revenus 2026 (sur les revenus de 2025) vient de débuter, le rehaussement du taux de la CSG sur une large partie des revenus du capital change les règles fiscales sur certains de vos placements. Voici un résumé pour vous aider à y voir plus clair et déclarer vos impôts en toute tranquillité.
CSG : une hausse qui redessine la fiscalité de l’épargne
La loi de financement pour la sécurité sociale (LFSS) pour 2026 augmente de 1,4 point la Contribution Sociale Généralisée (CSG) sur certains revenus du capital. Celle-ci passe donc de 9,2 % à 10,6 %, avec pour conséquence directe une hausse des prélèvements sociaux globaux qui progressent eux aussi de 17,2 % à 18,6 %. En bout de course, c’est donc la Flat Tax elle-même qui, après des années de blocage à 30 %, passe à 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de PS).
Cette hausse a un impact différent selon les placements que vous détenez. Si certains y échappent, une « rétroactivité fiscale » est prévue dès cette année pour les bénéfices tirés de la location meublée et pour les plus-values réalisées sur les actions ou les cryptomonnaies. De quoi ajouter un stress supplémentaire lors de la déclaration fiscale. Voici comment vous repérer dans les nouvelles règles imposées par Bercy.
Ce qui ne change pas : assurance vie, comptes réglementés, SCPI…
- Épargne réglementée : Les produits comme le Livret A, le LDDS, le LEP ou encore le Livret Jeune demeurent des havres fiscaux. N'ayant jamais été assujettis aux prélèvements sociaux, ils ne subissent logiquement aucun changement et conservent leur exonération totale.
- Assurance-vie : Ce support reste l'un des grands protégés de la réforme. Qu’il s’agisse de fonds en euros sécurisés ou d’unités de compte exposées aux marchés, le taux des prélèvements sociaux reste bloqué à 17,2 % (avec une CSG maintenue à 9,2 %). Pour rappel, après huit ans, vous profitez toujours de l'abattement annuel (4 600 € seul ou 9 200 € pour un couple) et du taux d'imposition allégé de 7,5 %. Pour tout retrait avant cet anniversaire, le prélèvement forfaitaire global demeure inchangé à 30 %.
- PEL et CEL : Les plans et comptes d’épargne logement ne sont pas non plus impactés par la nouvelle grille. Ils bénéficient du maintien de l’ancien taux social de 17,2 %.
- Immobilier locatif classique : les revenus fonciers issus de la location nue continuent d’être soumis à une CSG de 9,2 %, sans hausse. Ils ont été explicitement exclus de l’augmentation de 1,4 point pour ne pas gripper davantage le marché immobilier.
- SCPI : Les revenus distribués par la « pierre-papier » étant fiscalement assimilés à des revenus fonciers, ils échappent eux aussi au nouveau barème. Les porteurs de parts de SCPI conservent ainsi une taxation sociale à 17,2 % aussi bien sur les rendements issus l’année dernière que cette année.
Ce qui change : CTO, PEA, PER, cryptomonnaies, statut LMNP…
Malheureusement, la hausse de la CSG impacte dès cette année un grand nombre de produits d’épargne que des millions de Français détiennent :
- PEA et CTO : Le Plan d’Épargne en Actions et le Compte-Titres Ordinaire subissent de plein fouet le nouveau PFU à 31,4 %. Seule petite consolation : le PEA continue de bénéficier de l'exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans. Dans ce cas, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.
- Cryptomonnaies : Les plus-values sur actifs numériques, lorsqu'elles ont dépassé 305 € en 2025, basculent également sur le nouveau régime du PFU à 31,4 %.
- Le statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) : Contrairement aux revenus fonciers classiques, les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) issus de la location meublée sont impactés. En tant que revenus du patrimoine financier par assimilation dans cette réforme, ils subissent le passage à 18,6 % de prélèvements sociaux. La mesure est applicable sur les revenus perçus en 2025.
PER : la fin d’un doute fiscal
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) : Que vos gains soient issus de versements volontaires ou de l’épargne salariale, ils n'échappent pas à la hausse. Désormais, une ponction de 18,6 % au titre des prélèvements sociaux s'applique à la part de plus-values lors du déblocage. Tous les PER, qu’ils soient ouverts auprès d’une banque ou d’un assureur, sont logés à la même enseigne. Ce nouveau taux frappe uniquement les gains générés à partir du 1er janvier 2026. Les versements de 2025 et la part de gains accumulée avant cette échéance restent protégés.
À NOTER
Depuis l’adoption de la LFSS 2026, le sort du PER a alimenté de vifs débats, jusque dans les couloirs de Bercy. La FAIDER (Fédération des Associations Indépendantes de Défense des Épargnants pour la Retraite) était montée au créneau, interpellant le gouvernement pour que le PER bénéficie du même traitement de faveur que l’assurance-vie. L'objectif était d'éviter de pénaliser l'épargne retraite des Français. Cependant, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a tranché en janvier dernier : aucun traitement d'exception ne sera accordé. Tous les PER, sans distinction, voient donc leur taux de prélèvements sociaux grimper de 17,2 % à 18,6 %.
Dates de déclaration d’impôts
Gardez à l'esprit que la ponctualité est la clé pour éviter toute pénalité et garantir une gestion sereine de votre patrimoine. Pour la télédéclaration, le calendrier officiel de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) s'articule autour de trois échéances majeures, découpées selon votre lieu de résidence :
- Zone 1 (Départements 01 à 19 et Français résidant à l'étranger) : Votre déclaration doit être validée au plus tard le jeudi 21 mai 2026.
- Zone 2 (Départements 20 à 54, Corse incluse) : Vous disposez d'un délai supplémentaire jusqu'au jeudi 28 mai 2026.
- Zone 3 (Départements 55 à 95 ainsi que les DOM) : La clôture des services en ligne interviendra le jeudi 4 juin 2026.