Assurance-chômage : le gouvernement envisage la création d’une allocation de longue durée

PUBLIÉ LE :
Assurance-chômage : le gouvernement envisage la création d’une allocation de longue durée
Fotolia

Muriel Pénicaud, la ministre du Travail a déposé ce mardi au Sénat, un amendement à son projet de loi réformant l’apprentissage et la formation professionnelle, afin d'ouvrir une négociation sur une nouvelle convention de l'UNEDIC.

L’amendement prévoit le versement d’une allocation chômage de longue durée, qui irait au-delà des 2 ans initialement prévus.

Des discussions autour de la question devraient se tenir dans les prochains jours entre le gouvernement et les partenaires sociaux qui, s’ils sont ouverts à la (re)négociation, restent tout de même inquiets.

Une allocation chômage versée pendant plus de 24 mois

Le gouvernement a déposé un amendement à son texte de loi qui prévoit que « les partenaires sociaux, dans le cadre de la convention d’Assurance-chômage, puissent se prononcer ou explorer la possibilité d’avoir une allocation chômage de longue durée car au moment même où l’emploi repart, où il y a beaucoup de perspectives et où on crée des emplois, il y a néanmoins un chômage de longue durée sur lequel les partenaires sociaux pourraient avoir envie de faire quelque chose » a déclaré Muriel Pénicaud.

Elle a précisé que cette allocation irait « au-delà » de la limite de deux ans déjà prévue pour l'indemnisation du chômage, et ce « dans des modalités adaptées ».

En effet, actuellement, les règles de l’Assurance-chômage prévoient une indemnisation limitée à 2 ans avant de basculer dans l’Allocation de solidarité spécifique (ASS).

Rencontre le 17 juillet entre le Président et les partenaires sociaux

Un second article à l'amendement prévoit que les partenaires sociaux puissent entrer « dans le dispositif de la négociation de l'Assurance-chômage toute de suite », à savoir de septembre à fin 2018 ou début 2019.

« C’est dans ce contexte que le Président de la République leur a proposé de les rencontrer mardi prochain le 17 juillet pour pouvoir discuter du champ de cet agenda social », a déclaré Muriel Pénicaud.

Des syndicats ouverts à la négociation mais qui restent inquiets

Alors que la réforme de l'Assurance-chômage a fait l'objet d'une négociation entre les partenaires sociaux l’hiver dernier pour déboucher sur un accord interprofessionnel le 22 février, le gouvernement appelle à rouvrir les discussions.

« Que le gouvernement demande ou fasse des propositions de négociations supplémentaires, (...) nous répondrons présents et nous négocierons », a déclaré le secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau.

« Mais nous ne négocierons pas n'importe quoi », a-t-il prévenu. « Si la lettre de cadrage est 'innégociable' (...), nous proposerons aux autres interlocuteurs sociaux que nous rentrions dans cette négociation comme nous l'entendons. ».

Quant à Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, il a été clair : « si le gouvernement nous demande de rendre l'Assurance-chômage plus performante sans rogner sur les droits, cela se regarde ; si c'est pour aller rogner les droits avec une lettre de cadrage du gouvernement qui, en fait, est déjà la conclusion de la négociation, cela ne marchera pas ».

Enfin, Denis Gravouil secrétaire-général de la CGT Spectacle qui déplore l’aspect « brouillon » de la méthode, voit dans l’action du gouvernement « une accélération du calendrier et un durcissement »

Rappelons que la dernière convention d’Assurance-chômage, initialement en vigueur pour 3 ans depuis octobre 2017, a été signée en mars 2017.

Cet article issu de Previssima.fr est soumis au droit d'auteur, protégé par un logiciel anti-plagiat. Toute reproduction, rediffusion ou commercialisation totale ou partielle du contenu, sans l’autorisation expresse de la société Previssima, est interdite. Les informations diffusées sur Previssima.fr (hors forum, commentaires et annuaire) sont toutes vérifiées par un service juridique spécialisé. Toutefois, Previssima ne peut garantir l'exactitude ou la pertinence de ces données. L'utilisation des informations et contenus disponibles sur l'ensemble du site ne peuvent en aucun cas engager la responsabilité de Previssima.