ASS vs RSA : derrière les chiffres, des réalités très différentes
En France, près d’un million de personnes vivent dans un ménage où quelqu’un perçoit l’allocation de solidarité spécifique (ASS). Moins connue que le RSA, cette aide destinée aux chômeurs en fin de droit touche un profil bien particulier : plus âgé, plus souvent en situation de handicap, et pourtant moins pauvre que les bénéficiaires du RSA.
Qui sont les bénéficiaires de l’ASS ?
Selon une récente étude de la Drees, plus de la moitié des bénéficiaires de l’ASS ont 50 ans ou plus, alors que les moins de 30 ans sont quasi inexistants (2 %). Cela s’explique notamment par le fait que l’ouverture des droits à l’ASS se fait en fin de parcours d’indemnisation chômage, après des carrières avec une certaine ancienneté.
Ce sont souvent des personnes éloignées du marché du travail, et plus d’un quart d’entre elles ont une reconnaissance administrative de handicap. La majorité vit dans des ménages sans enfant, et 37 % résident en HLM, un taux supérieur à celui des bénéficiaires de l’ARE (18 %).
Malgré leurs ressources modestes, 20 % des bénéficiaires de l’ASS sont propriétaires de leur résidence principale sans crédit à rembourser, un taux équivalent à celui des bénéficiaires de l’ARE, ce qui s’explique notamment par leur âge avancé.
Moins pauvres, mais encore très modestes
En 2021, le niveau de vie médian des personnes dans un ménage ayant perçu de l’ASS est de 1 200 euros par mois, contre 950 euros pour ceux touchant le RSA. À titre de comparaison, les ménages percevant l’ARE disposent d’un niveau de vie médian de 1 700 euros par mois, beaucoup plus proche de celui de l’ensemble de la population (1 930 euros). Autrement dit, les bénéficiaires de l’ASS restent nettement plus modestes que ceux percevant l’allocation chômage.
Si près de 59 % des bénéficiaires de l’ASS font partie des 20 % les plus pauvres de la population, ce taux reste inférieur aux 76 % observés parmi les ménages au RSA.
Les bénéficiaires de l’ASS perçoivent également fréquemment des prestations sociales non contributives (aides au logements, prestations familiales, prime d’activité, AAH, ASPA, ASS et RSA) qui représentent en moyenne 49 % de leur revenu disponible, contre 64 % pour ceux touchant le RSA et seulement 12 % pour les ménages à l’ARE.
Un filet de sécurité indispensable
Malgré des revenus modestes, les bénéficiaires de l’ASS présentent un profil différent des bénéficiaires du RSA : plus âgés, souvent en situation de handicap, mais un peu moins dépendants des aides sociales pour vivre. L’ASS reste donc un soutien essentiel, offrant un niveau de vie légèrement plus élevé et évitant une pauvreté plus profonde.
En résumé, derrière les chiffres, l’ASS s’adresse à un public vulnérable mais différent de celui du RSA : des personnes qui ont travaillé, mais dont la carrière a été interrompue ou fragilisée, et pour qui cette allocation est un filet de sécurité indispensable pour maintenir un minimum vital.