ASPA : une réforme votée pour que les retraités modestes osent enfin demander leur aide

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ASPA : une réforme votée pour que les retraités modestes osent enfin demander leur aide

Une réforme adoptée en première lecture entend faciliter l’accès à l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa). L’objectif est de réduire le non-recours à cette aide qui permet d’améliorer le niveau de vie de centaines de milliers de retraités aux revenus modestes, mais souvent au détriment des héritiers.

Une aide méconnue et sous-utilisée

L’Aspa constitue un filet de sécurité pour les personnes âgées de 65 ans et plus disposant de faibles ressources. Elle complète leurs revenus pour atteindre un plafond mensuel maximum (depuis le 1er janvier 2026) de 1 043,59 euros pour une personne seule et de 1 620,18 euros pour un couple. Près de 750 000 bénéficiaires en profitent aujourd’hui, avec un montant moyen versé d’environ 500 euros.

Pourtant, le dispositif souffre d’un important non-recours : plus de 300 000 personnes éligibles renonceraient chaque année à cette aide. La raison principale ? Le mécanisme de récupération des sommes versées sur succession lorsque le patrimoine net dépasse un certain seuil. La réglementation actuelle prévoit que l'État récupère les sommes versées sur l'héritage au moment du décès, dès lors que l'actif net de la succession dépasse 108 586 euros. Pour éviter de faire peser cette charge sur leurs proches, beaucoup de retraités renoncent donc à solliciter l’Aspa.

Le « forfait logement », clé du compromis politique

Pour mettre fin à ce qui pouvait être considéré comme une injustice, l’Assemblée nationale a adopté le 11 juin une proposition de loi visant à renforcer la solidarité envers les retraités les plus précaires. Porté par la députée Émeline K/Bidi (GDR), le texte adopté jeudi instaure un « forfait logement » qui permettra de réduire le montant de l’Aspa pour les retraités propriétaires de leur logement ou hébergés à titre gratuit.

En pratique, le montant de l’Aspa sera légèrement diminué - environ 40 euros par mois pour une personne seule - mais, en contrepartie, la récupération sur succession sera supprimée et les héritiers n’auront plus rien à rembourser. De plus, la rétroactivité du dispositif permettra aux allocataires actuels de basculer vers cette nouvelle formule s’ils le souhaitent.

Prochaine étape : l'épreuve du Sénat

Qualifié de « neutre pour le contribuable » par le gouvernement, le nouveau mécanisme devrait entrer en vigueur neuf mois après la promulgation finale de la loi. Pour l'heure, le texte n'a franchi que sa première étape législative. Il doit désormais être transmis au Sénat – dominé par le centre et la droite - où les débats s'annoncent décisifs pour valider cette réforme

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