Arrêts maladie : Jean-Pierre Farandou veut « moins protéger les arrêts courts »

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Arrêts maladie : Jean-Pierre Farandou veut « moins protéger les arrêts courts »

Face à la hausse des dépenses liées aux arrêts maladie, le gouvernement veut durcir les règles d’indemnisation dès 2027. Pour y parvenir, deux axes de travail : moins protéger les arrêts courts et mieux accompagner les salariés dont l’état de santé nécessite une absence prolongée.

Arrêts maladie : le gouvernement veut freiner la hausse des dépenses dès 2027

« Un arrêt-maladie n’est pas un congé ». Prononcée sur TF1 ce jeudi matin, la phrase du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou résume la position du gouvernement face à la forte hausse des arrêts de travail, en particulier de courte durée. L’exécutif prépare une réforme structurelle destinée à entrer en vigueur en 2027, avec un objectif assez clair : freiner les abus tout en réalisant des économies importantes.

Selon les chiffres de l’Assurance maladie, le coût des arrêts maladie atteint aujourd’hui 17,9 milliards d’euros par an. Ce montant progresse d’environ un milliard d’euros chaque année. On dénombre désormais 9 millions d’arrêts indemnisés annuellement, soit une augmentation de 10 % en quelques années. « Il faut traiter le problème », a souligné Jean-Pierre Farandou, selon qui cette évolution du prix pour les caisses de l’État n’est plus soutenable et justifie une action ferme. Et elle devrait être très ferme.

Une réforme demandée aux partenaires sociaux

« Le cahier des charges que je leur propose, c’est de moins protéger les arrêts courts, pour qu’il y ait moins d’arrêts courts, mieux protéger les arrêts longs », a-t-il expliqué. Le gouvernement veut ainsi agir sur deux fronts : limiter les dépenses associées aux absences ponctuelles et mieux accompagner les personnes dont l’état de santé nécessite un arrêt prolongé.

Pour combattre cette « dérive », le ministre réclame de « responsabiliser » tout le monde : « employés, médecins et entreprises ». S’il assure qu’il n’a « pas d’ordres à donner aux médecins », il indique également que lorsque l’un d’eux « a la main un peu lourde, d’autres médecins vont lui demander ce qu’il se passe ». Plus de contrôles donc. Mais comment cela sera-t-il mis en place ? Pour l’instant, rien n’a filtré. De même, il n’a pas indiqué si les médecins qui prescrivent des arrêts à distance via des plateformes spécialisées (type Qare) seront appelés à durcir leurs méthodes. Mais le rappel à l’ordre a l’air global.

Mieux accompagner les arrêts longs et prévenir les maladies

En échange de ce durcissement, le ministre insiste sur la nécessité de mieux prendre en charge les salariés confrontés à des problèmes de santé durables. Il cite notamment les troubles musculo-squelettiques, les douleurs dorsales et les difficultés liées à la santé mentale. « La meilleure manière de gérer les arrêts maladie, c’est qu’il y ait moins de maladies », a-t-il déjà estimé, en soulignant l’importance de la prévention.

Le ministre rappelle que les entreprises ont leur rôle à jouer, notamment en matière de prévention des risques professionnels, et pour améliorer l’accès aux soins pour environ trois millions de salariés qu’il juge insuffisamment protégés, parmi lesquels des intérimaires.

Les partenaires sociaux disposent désormais de quelques semaines pour trouver un terrain d’entente. À défaut, l’exécutif pourrait décider seul.

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