Accidents du travail en France : qui sont les salariés les plus exposés et dans quelles régions ?
En 2023, près de 669 000 accidents du travail avec arrêt ont été recensés en France. Si le risque professionnel concerne l'ensemble des actifs, il frappe de façon très inégale selon l'âge, le statut, le secteur d'activité et le territoire. Panorama d'une sinistralité aux facteurs multiples.
Métiers et profils : une exposition fortement contrastée
Les derniers chiffres de la Dares sur les accidents du travail survenus en 2023 en France sont riches d'enseignements. Le premier est que le profil des victimes révèle des disparités marquées : le risque n'est ainsi pas le même partout.
Dans l'intérim, par exemple, il est deux fois plus élevé que la moyenne nationale. La principale raison est que les intérimaires travaillent généralement dans des secteurs eux-mêmes très accidentogènes, comme le bâtiment, la logistique ou encore l'industrie.
Parmi les autres secteurs qui enregistrent le plus d'accidents, on retrouve aussi :
- Le transport et l'entreposage (manutention, fret, déménagement) ;
- Le médico-social, notamment les aides à domicile ;
- L’agriculture ;
- Les industries du bois et du papier.
Rappelons qu'au total, 668 510 accidents du travail avec au moins un jour d'arrêt ont été recensés en France en 2023, et 818 ont entraîné un décès. Un triste bilan, surtout quand on compare avec nos voisins européens. Avec 3,6 décès au travail pour 100 000 salariés, la France affiche le taux de mortalité professionnelle le plus élevé de l'Union européenne, très loin de la moyenne européenne établie à 1,6 décès. (chiffres Eurostat).
Les jeunes plus souvent touchés, les seniors plus gravement
L'âge joue aussi un rôle majeur. Les moins de 20 ans subissent 25 accidents par million d'heures rémunérées, contre 13 pour les 60 ans et plus. En revanche, la gravité augmente avec l'âge : la fréquence des accidents mortels passe de 7 par milliard d'heures chez les moins de 30 ans à 53 chez les 60 ans et plus. Les arrêts cardiaques expliquent en partie cette hausse chez les seniors.
Si les accidents chez les jeunes sont souvent moins graves, leur fréquence élevée peut interroger sur les conditions d'accueil et de formation des nouveaux entrants.
Cartographie du risque : pourquoi certaines régions sont-elles plus touchées ?
Les statistiques mettent en évidence une répartition géographique hétérogène des accidents du travail. L'Ouest, notamment la Bretagne et la Loire-Atlantique, ainsi que le Sud-Ouest présentent des taux de sinistralité plus élevés que la moyenne nationale.
Cette géographie du risque s'explique essentiellement par la structure économique locale. Les territoires à forte vocation agricole, agroalimentaire, maritime ou industrielle concentrent davantage de postes à forte pénibilité physique.
À l'inverse, les grandes métropoles, notamment l'Île-de-France, affichent des taux plus faibles en raison d'une plus forte proportion d'emplois tertiaires et de bureau, naturellement moins exposés aux risques physiques.