Généralités sur l'épargne salariale

Les trois petits plans d'épargne retraite pour la maison

Personnes concernées : Artisan-Commerçant, Dirigeant non-salarié, Dirigeant salarié, Libéral, Salarié

Il est enfin arrivé l’intéressement. Ce fameux dispositif que l’entreprise avait mis en place il y a 3 ans commence à porter ses fruits. Cette année, les salariés de la société Delta toucheront une prime de 4 600 euros nets après prélèvements de la CSG et de la CRDS.

 

« Voilà une année qui commence bien avec ce petit pécule» se disent Vincent, François, Paul, tous trois salariés du bureau d’étude de l’entreprise Delta. D’autant que, à en croire leur direction, cet intéressement devrait se pérenniser compte tenu des bonnes perspectives de la société.

Où placer son intéressement ?

Plutôt « fourmis » que « cigales », les trois camarades ont plutôt l’intention de mettre cet argent de côté pour financer des projets futurs et préparer leur retraite. Ils sont jeunes et pensent particulièrement à l’acquisition de leur résidence principale dans quelques années.

Chacun va donc prendre conseil auprès d’un de ses proches. Vincent se méfie un peu de son entreprise. Il a plus confiance dans son amie d’enfance Irène qui, de son côté, ne jure que par la préparation à la retraite. Elle lui recommande de percevoir son épargne salariale et de la reverser dans un Plan d’Epargne Retraite Populaire (PERP). « Tu vas pouvoir déduire ton placement et avec ta tranche marginale d’imposition de 30 %, ton économie d’impôt sera de l’ordre de 1 380 euros. Tu verras ton capital retraite va vite augmenter », lui explique-t-elle.

François n’a pas non plus envie de laisser son argent entre les mains de son employeur. Il a un ami qui lui conseille tout autre chose : « Ne prend pas de risque et ne bloque pas ton argent. Place tout dans un Plan d’épargne logement (PEL). Ton argent sera disponible dans 4 ans et surtout tu ne prendras aucun risque.  Et puis, dans dix ans, tu auras un apport sympa et tu pourras emprunter à un taux privilégié. »

Paul, lui, n’a pas d’idée préconçue. Il décide d’écouter sa sœur qui lui pose quelques questions avant de se prononcer :

  • « As-tu un plan d’épargne entreprise (PEE) dans ta société ? »
  • « Oui répond Paul, il a été instauré en même temps que l’accord intéressement ».
  • « Votre employeur a-t-il mis en place un abondement quand vous alimentez dans votre PEE ? », poursuit sa sœur.
  • « Oui, répond à nouveau François, ils nous ont dit que cet abondement correspondait à 100 % des versements dans le plan, plafonnés à 2 000 euros par an ».

Pendant 10 ans, les 3 collègues ont gardé le cap prescrit pas leurs amis. Comme elle l’avait laissé entendre, l’entreprise a maintenu un niveau équivalent d’intéressement.

A chacun sa route, chacun ses placements

Vincent a touché son intéressement. Chaque année, il a dû déclarer 4 600 euros dans sa feuille d’imposition. La première année, il a placé son intéressement sur son PEL. De février 2016 à février 2025 il aura :

  • Placé 46 225 euros (en tenant compte des 225 euros d’investissement minimum à l’ouverture du plan)
  • Gagné 3 294 euros d’intérêts (sur la base du taux d’intérêt de 1,5 % pour les PEL ouvert à compter du 1er février (avant prélèvements sociaux)
  • Payé 13 800 euros (tranche d’imposition de 30 %) d’impôt supplémentaire sur 10 ans car il a dû déclarer son intéressement

François de son côté a ouvert un PERP. Pendant 10 ans, il aura placé ses 4 600 euros d’intéressement. Son Perp multisupport lui a permis de diversifier son épargne sur les marchés financiers au travers d’unités de compte. De février 2016 à février 2025 il aura :

  • Placé 46 000 euros
  • Gagné 7 224 euros d’intérêt sur une hypothèse de rendement de 4 %
  • Payé 13 800 euros d’impôt supplémentaire (Tranche marginale d’imposition à 30 %) car il a dû déclarer son intéressement mais ces montants ont été neutralisés grâce à son PERP

Paul enfin a investi son intéressement dans son PEE, soit 4 600 € tous les ans. Son employeur, comme convenu, à pratiquer un abondement à hauteur de 2 000 euros.
De février 2016 à février 2025 il aura :

  • Placé 66 000 euros (abondement + intéressement)
  • Gagné 12 796 euros d’intérêt sur une hypothèse de rendement de 4 %
  • N’aura pas payé d’impôt supplémentaire car son intéressement versé dans son PEE n’est pas imposable

L’épargne salariale, un dispositif qui tient la route

Au terme des dix ans, les trois amis veulent acheter une résidence principale.

Vincent dispose d’un apport de 56 500 euros environ et peut emprunter à un taux raisonnable grâce à son PEL. 

François a accumulé plus de 53 000 dans son PERP. Mais son épargne est bloquée. L’achat d’une résidence principale n’est pas un motif de déblocage anticipé. (Seule l’opération est possible, mais au débouclage au moment de la retraite).

Paul dispose de plus de 74 000 euros d’apport possible pour l’achat de sa résidence principale. Ce qui lui permet d’être un peu plus à l’aise pour emprunter que Vincent et séduire son banquier. D’autant que les taux d’intérêts n’ont pas beaucoup augmenté au point de réduire sa capacité de remboursement.

Trois amis, trois stratégies, trois résultats. Pour cette fois, c’est l’épargne salariale qui gagne. Mais cela ne signifie pas que les autres placements sont mauvais, dans l’absolu.

D’où l’intérêt de bien étudier avec des professionnels toutes les caractéristiques et les pièges des placements…même les plus simples.

 L'ÉPARGNE INVESTIE DANS L'ENTREPRISE PEUT RÉSERVER DE BONNES SURPRISES 

 

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